De la Ruprechtsau à la Robertsau - De Hier à aujourd'hui.

Au début du XXème siècle, la Ruprechtsau, petit village au confins de Strasbourg, avait une importance toute particulière pour sa grande voisine. En efffet, trois points lui conféraient alors son originalité et son importance tout en la distinguant sensiblement des autres villages qui formaient la périphérie de Strasbourg. Elle était en effet  la capitale du maraîchage et par conséquent le ventre de Strasbourg, la destination "campagnarde" préférée de la grande bourgeoisie locale et avait déjà, même de façon très différente à aujourd'hui, une dimension européenne.

Hormis le maraîchage, la Robertsau a curieusement conservé ses vocations même si celles-ci s'exercent aujourd'hui dans un cadre socio professionnel et urbain profondément remanié.

Le maraîchage a pris au début du XIXème siècle une telle importance que tout le village est devenu affectueusement  le « Laüch ». C’était en effet l’époque où les poireaux y poussaient plus dru que les résidences. En 1927, à l’apogée de la profession, 120 à 130 maraîchers y exploitaient 220 hectares avec l’aide d’environ 200 salariés. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, un déclin irréversible a durement frappé la profession. La concurrence de plus en plus sévère des produits importés, l’industrialisation de la production et de la distribution, la pénibilité d’un travail saisonnier et la convoitise de la promotion immobilière pour les réserves foncières représentés par toutes ces terres agricoles ont progressivement eu raison d'une profession qui a rythmé pendant bien plus d'un siècle la vie et les fêtes au village. 

Bien avant la  la belle Epoque, il était déjà de bon ton pour la bourgeoisie strasbourgeoise de posséder une "Campagne" sorte de résidence à la campagne dans le cadre bucolique de la  Ruprechtsau. Une carte de 1763 liste ainsi 25 de ces campagnes sur le territoire du village parmi lesquelles il convient de citer la propriété de Monsieur Roederer (actuel chateau de Pourtalès avec ses dépendances) ou encore la propriété de Monsieur Lambrecht (actuelle clinique Sainte Anne et ses alentours).

Aujourd'hui, avec une population de près de 23 000 personnes (environ 1810 en 1760), la Robertsau,  immobilièrement toujours  très prisée, accueille de nombreux nouveaux "campagnards" même si les surfaces mises à disposition de cette nouvelle "bourgeoisie" n'ont plus rien à voir avec les grands domaines d'antan. 

Au château de la Ruprechtsau, une longue lignée de châtelains a contribué à faire naître  l'idée d'une Europe de paix et d'amitié  dans la plus pure tradition française à une époque où pourtant seules les armes avaient réellement le droit à la parole. Autour de Madame de Bussière souvent dénommée la "Madame Récamier de Strasbourg" se pressait  déjà de bien illustres personnalités comme les hommes d'Empire Kellermann et Bernadotte ou encore le roi Louis I de Bavière sans oublier le jeune prodige Franz Lizst. Mais c'est surtout avec sa fille, Madame la Comtesse Mélanie Sophie de Pourtalès qu'une certaine idée de l'Europe de l'esprit se forgera petit à petit au village autour de la Comtesse et de ses illustres visiteurs comme le Prince Napoléon, les ducs d'Orléans et de Montpensier, le duc d'Edimbourg, frère du roi d'Angleterre, les grands ducs Michel ou Paul de Russie et bien d'autres encore. La tradition des salons et grandes réceptions est reprise au château  après le mort de la Comtesse par sa fille, Madame la Marquise Agnès de Loys Chandieu.

Ce ne sera pourtant que plus tard que l'amitié et la compréhension fraternelle  entre les peuples  européens trouvera un début de concrétisation avec l'installation à Strasbourg du Conseil de L'Europe. Aujourd'hui, clin d'oeil de l'histoire, non loin de la résidence de nos châtelaines, grandes prêtresses de l'idée d'une Europe de paix et de progrès, ont été érigés sur les terres du village quelques uns des bâiments les plus prestigieux et  les plus symboliques de la gande idée européenne, le  Palais des Droits de l'Homme, la Pharmacopée européenne ou encore L'Agora.  

Village de mon enfance, terre de mon grand-père maternel, la Robertsau est et restera pour moi le centre du monde. J'ai quelques fois des difficultés à y retrouver les images familières de mon enfance, les exemples ci-dessous n'exprimant sans doute que faiblement les mutations qui s'y sont déroulées.  je cherche donc à les revoir  avec passion  au travers des cartes postales d'antan.

Outre la Robertsau, je cherche encore,  en régionalisme, tous documents sur :

HATTMATT : le village de mes ancêtres, lignée ascendante, côté  grand-mère maternelle

BISCHOFFSHEIM : le village de mes ancêtres, côté paternel.

LINGOLSHEIM : Le village où je réside depuis 1997.

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